Liberté

Liberté est un poème en alexandrins que j'ai écrit,                                             pour vous.

Liberté, un poème en alexandrins écrit par Julie-Marie

Liberté, mon amie, ma douce et tendre soeur,

Combien de pleurs versés sur ton corps décharné ?

Ta chair à vif rongée par le sel de nos peurs,

Tu agonises. Ton squelette désincarné

N'est plus que poussière dans l'aube du matin froid.

Nous mourons, ma douce liberté, avec toi.

Il paraît que tu te caches, insaisissable,

Sous un caillou dans le lit dormant d'un ruisseau,

Dans les pépiements purs et joyeux de l'oiseau,

Écumante et fiévreuse parmi les grains de sable,

Dans les braises rougeoyantes d'un feu de bois,

Dans les yeux implorants d'une biche aux abois,

Perdue dans une cabane au fond de la forêt,

Ruisselante à travers le feuillage doré.

Mais, moi je crois, liberté, qu'en chacun de nous

Tu te fonds. Ton murmure frissonnant sur nos âmes

En une éternelle et réconfortante flamme.

Et pourtant, cruelle, tu t'enfuis, tu t'échappes, nous

Laissant éperdus dans notre quête acharnée.

Perclus de doutes, nous ignorons où te chercher.

Se peut-il que ta flamme, en nos coeurs, soit éteinte ?

Ton lointain souvenir, une amère complainte ?

Non, liberté ! Entends mon cri, où que tu sois.

Et si tu es sans force, sans foi, sans espoir,

Sur mon âme, sur mon coeur, sur mon corps, appuie-toi.

Jamais, en ton nom, je ne cesserai de croire !

Sans faire couler la moindre goutte de sang,

Jusqu'à la fin, jusqu'à la mort, je me battrai.

Un nid chaud, en mon sein, je te préparerai.

Ton esclave, je serai, ton petit enfant

Afin que ta mélodie devienne symphonie.

Fais de mon coeur un brasier, un incendie,

Un volcan. Déverse ta lave sans pitié

Sur cette terre incandescente, calcinée,

Élevant une Voie lactée de joie et de paix,

Faisant jaillir de ces étoiles grises et pâles

Des lacs enflammés, des paillettes de cristal.

Et que de ces cendres, tu renaisses, liberté !